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25 janvier 2017 3 25 /01 /janvier /2017 23:23

Une semaine avant l'écriture de cet article, une blogueuse féministe relativement connue sur le Net recevait chez elle deux techniciens orange pour une intervention. Après celle-ci, l'un des deux techniciens s'est servi du numéro de téléphone qu'elle avait fourni pour l'intervention pour lui envoyer le texto suivant "Rebonjour. C'est le technicien orange. Juste pour.vous dire que vous étiez très jolie et que vous aviez un très beau sourire J'ai as osez devant mon collègue en formation. Et c'est pas très pro. Voilà désolé pour la gene..". La blogueuse a adressé une plainte au service des réclamations d'orange, informé le technicien de ce qu'elle avait fait, reçu un sms d'excuses, ainsi qu'un appel qu'elle a préféré ne pas prendre, et raconté toute l'histoire en détail sur twitter. Son compte étant très suivi, le récit de l'anecdote a été vu par un grand nombre d'internautes. A partir de là, je ne sais pas exactement dans quel ordre les choses se sont passées, mais il y a des eu des tweets qui expliquaient posément pourquoi cette blogueuse avait eu tort de faire appel au service réclamations au lieu d'expliquer diplomatiquement au technicien à quel point sa démarche était déplacée, des tweets qui expliquaient posément pourquoi elle avait eu raison de le faire, et de très, très, très nombreux tweets d'insultes émanant des deux camps, à ceci près que ceux qui étaient contre la plainte insultaient la blogueuse tandis que ceux qui étaient pour insultaient ceux qui était contre, ce qui fait qu'au bout du compte, qu'elle ait eu tort ou raison, c'est cette fille qui aura subi le plus de cyber-violence dans l'affaire.
Au final, le journal 20 minutes s'est fendu d'un article sur l'affaire, reprenant le récit de la blogueuse, résumant les réactions des internautes sur Twitter et nous informant que le technicien recevra un blâme, mais ne sera pas licencié.
Je me devais de résumer les faits, parce que beaucoup de choses ont été dites de cette "affaire", des choses très bêtes, des choses très intelligentes, et ce des deux côtés. Je ne souhaite pas m'étendre dessus plus qu'il n'est nécessaire, puisque ce n'est pas de l'affaire en question que je souhaite parler, mais des réflexions qui me sont venues suite à cette anecdote. Cependant, pour éviter que la question reste en suspens et qu’elle prenne plus d’importance à vos yeux qu’elle n’en a réellement, je vais tout de même donner ma position dans le débat.
Ce n'est pas si simple, et j'avoue que je n'ai eu d'avis définitif qu'une fois qu'il a été établi que le mec ne serait pas viré. Etant donné que le sms a été rédigé de façon aussi polie et respectueuse que possible et que le technicien s'est excusé dès qu'il a compris qu'il avait été offensant, un licenciement aurait été une sanction excessive. Croyez-en quelqu'un qui est au chômage depuis quinze ans. Mais la désinvolture dont il a fait preuve en utilisant des données professionnelles pour un usage privé montre qu'il avait besoin d'une bonne frousse pour comprendre qu'on ne doit pas dépasser les limites. Au final, la plainte aura peut-être permis à cet homme d'évoluer, et à Orange de sensibiliser un peu plus ses employés à la protection des données privées.
Ceci dit, que Buffy Mars ait eu cette réaction pour de mauvaises raisons, je suis toute disposée à le croire. Qu'elle ait paniqué devant quelque chose qui ne la mettait pas plus en danger que ça, je veux bien le penser. Que ses autres activités, sur Internet, aient habitué Twitter à la voir comme un personnage antipathique à qui on n'a pas envie de donner raison, je l’admets sans problème. La question n'est pas de savoir si elle est sympathique. La question est de savoir comment on est censé agir dans ce genre de situation. Et le fait est que, dans ce cas précis, elle a agi comme il fallait.
Soyons honnêtes une minute. Même si c’est pourtant l’aspect le plus important du problème, ce n’est pas la question des données privées qui divise Twitter, en réalité. Celle du professionnalisme non plus, d’ailleurs. Ce divise Twitter c’est de savoir si on a le droit d’aborder un/une inconnu(e) juste pour lui dire que son physique est agréable. Dit comme ça, ça ne parait pas si grave, et, de ce que j’en ai vu, un nombre conséquent de Twittos ne voient pas quel est le problème avec ça. J’en ai même vu une qui twittait « Si ça se trouve, mon technicien orange c’est l’homme de ma vie et à cause de Buffy Mars, il n’osera pas m’aborder. »
C’est là que m’est revenue en mémoire une conversation avec des collègues, il y a quelques mois. Durant la pause déjeuner, je ne sais plus pourquoi, chacun racontait comment il avait rencontré son conjoint. En boîte, par des amis, par des parents... Quand ça a été mon tour de parler, sans donner trop de détails (‘^^), j’ai expliqué que j’ai rencontré Pesme sur un forum qui parlait de séries télé.
_Et vous avez échangé vos numéros, direct ? M’a-t-on demandé.
_Heu... Non, on a PARLÉ d’abord. Les numéros, on les a échangés au bout de quelques mois, quand on a vu qu’on s’entendait bien. Et encore quelques mois après, on est sortis ensemble.
Les collègues me regardaient comme si je venais de leur présenter un concept REVOLUTIONNAIRE. Je suis sérieuse. "Ouah, se rencontrer grâce à des centres d'intérêt communs, quelle bonne idée !"
Leur réaction m'a totalement déstabilisée.
Ces collègues étaient des gens ordinaires, majoritairement des femmes. Ils s'intéressaient à leur boulot, aimaient les voyages, la musique, le cinéma, les vidéos marrantes sur facebook, la couture, et un tas d'autres choses. Et, pour ces gens ordinaires, choisir son âme sœur parmi les gens qu'on connait, et dont on sait qu'ils partagent les mêmes goûts, était une idée totalement nouvelle et inattendue.

Ce souvenir m’a fait penser à autre chose : avant internet, pour rencontrer des gens partageant les mêmes centres d’intérêt, il y avait des clubs. La plupart du temps, ils étaient fréquentés par des membres de même sexe. De toute façon, ils n’étaient pas très fréquentés et pas forcément bien considérés. Aujourd’hui, il y a internet, mais les gens qui s’en servent comme moi pour parler culture avec des inconnus sans que ça ait d’autre objectif que la conversation ne sont pas la norme. La norme, c’est de s’inscrire sur un site de rencontre dans le but de pécho. OK, c’est moins absurde que de vouloir pécho une cliente qu’on n'a rencontré qu’une fois, mais quand même, c'est comme les rencontres arrangées par les amis ou la famille, ça ne me fait pas rêver. Même si la "sélection" se base sur les centres d'intérêts des candidats, comment avoir une conversation naturelle et ordinaire quand on sait que l'enjeu de la rencontre, c'est de déterminer si on va pouvoir se mettre ensemble ou pas. Si on finit effectivement ensemble après cette conversation, est-ce parce qu'un sentiment a réussi à naître malgré le côté forcé du truc, ou est-ce parce que, n'ayant pas vu d'obstacle majeur à se mettre avec cette personne, on se met avec cette personne, comme on se mettrait avec une autre si c'était une autre qui avait été là...

Je veux bien croire que je suis une privilégiée qui a eu la chance de tomber amoureuse à un moment où je ne cherchais pas et... Non, en fait, je ne veux pas croire que je suis une privilégiée. De mon point de vue, c'est comme ça qu'une rencontre devrait se passer. On rencontre une personne, on n'a pas d'arrière pensée la concernant, mais, à force de la côtoyer, on réalise qu'elle nous plait, que l'affinité qu'il y a entre nous nous plait. Un sentiment nait, tout seul, sans qu'on le force, et nous lie à cette personne. On peut y croire, à ce sentiment, on ne l'a pas forcé, il est venu sans qu'on le veuille.

Etant donné le peu de circonstances exceptionnelles qu'a nécessité mon aventure, je ne comprends pas pourquoi il est exceptionnel que ça se produise de cette façon. En tout cas, à mon avis, celui avec qui on se met en couple, c'est celui dont la façon d'être fait spontanément naître l'envie de partager avec lui ses joies et ses peines, et ce pour le reste de sa vie. C’est peut-être une vision des choses un peu trop idéaliste et je manque peut-être de sens des réalités mais tout de même, au moins l’idée de choisir son partenaire en fonction de centres d’intérêt communs devrait être intuitive.
Or elle ne l’est pas. Et dans un contexte où elle ne l’est pas, comment expliquer quel est le problème d'aborder un(e) inconnu(e) pour lui faire un compliment sur son physique ? Si la norme, c'est de s'échanger les numéros dès le premier jour, alors effectivement, draguer une cliente qu'on n'a rencontré qu'une fois, questions de données personnelles mise à part, c'est tout à fait légitime. Draguer une personne qu'on vient de croiser dans la rue aussi.
Le problème, c'est que moi, me faire aborder quinze fois sur le trajet qui mène de la maison à la boulangerie, devoir expliquer quinze fois que non, je n'irai pas prendre un verre, que non, je ne suis pas intéressée, que non, je ne dirai pas ou je vais, que non, je ne dirais pas mon nom, que non, je ne m'arrêterai pas pour bavarder, et que non, je n'ai pas envie de faire connaissance, ça me gonfle. Ca ne me terrifie pas, ça ne m'angoisse pas, ça me gonfle.
On va faire abstraction du fait qu'il existe des violeurs et qu'on ne peut pas prévoir à l'avance qui en est un, parce que ce n'est pas ça mon problème. On va considérer, pour les besoins de la démonstration, que ces compliments sont sincères, que je ne suis pas la vingtième femme à qui vous sortez cette phrase aujourd'hui, et que mon visage vous a réellement suffi pour vous persuader que je suis la femme de votre vie. On va faire comme si j'étais célibataire et disponible. Et tiens, on va également décider, pour prouver que ce n'est pas une question de misandrie, que vous êtes vous-même une femme, tombée folle amoureuse de moi juste en voyant mon sourire. Et que je suis intéressée par les femmes.
Et bien, vous savez quoi ? Ca me gonfle quand même. Si vous n'étiez pas la quinzième aujourd'hui, et si je n’avais pas perdu autant de temps à repousser les avances des précédents, je ne serais sans doute moins exaspérée, mais je serais quand même mécontente. Si mon visage a illuminé votre journée, j'en suis ravie pour vous, mais je n'ai pas besoin d'en être informée, ça ne m'intéresse pas. Je ne suis pas concernée. Mon visage, ce n'est pas moi. Moi, c'est tout un tas de pensées, tout un tas d'humeurs, tout un tas de sentiments, à coté duquel mon visage n'est rien. Ca me vexe, que vous considériez mon visage comme un bon critère pour juger de ce que je vaux en tant que personne. En faisant comme ça, vous établissez que ma personnalité, que je me donne bien du mal à rendre intéressante et attachante, ne vous intéresse pas. Vous êtes prête à accepter n'importe qui pourvu qu'il ait ce visage-là. Donc, oui, ça me vexe. Aussi simple que ça. Et il n’y a aucune chance que cette stratégie porte ses fruits avec moi.

Suis-je un cas à part ?  Je ne suis pas la seule à me plaindre de la drague de rue, mais l'expérience a prouvé que ce n'est pas parce qu'on se plaint de la même chose qu'on s'en plaint pour les mêmes raisons.
Alors, étant donnée la réaction de mes collègues il y a quelques mois, et étant donnés les tweets lus il y a quelques jours, je suis toute prête à croire que c'est moi qui suis bizarre. J'ai eu, une fois, l'occasion de débattre sur facebook avec une fille qui estimait que quand un inconnu vous aborde pour vous dire que vous êtes jolie, il faut se sentir flattée et ne comprenait pas pourquoi j'estimais que non. Je ne me souviens plus comment c'est arrivé dans la conversation, mais au bout d'un moment, elle m'a sorti : "Mais toi, tu ne tomberais pas amoureuse de quelqu'un que tu trouve moche. Ne me dis pas que si, je ne te croirais pas." Le problème, c'est que si. Plus exactement, si Quasimodo avait le cerveau d'Einstein, alors je trouverais que Quasimodo est beau. Je suis incapable de trouver moche quelqu'un que j'apprécie. Mon sens esthétique est ravi par un beau visage, une belle silhouette, mais ce n'est pas ça qui me fera tomber amoureuse. Ce qui me fera tomber amoureuse, c'est une conversation à bâtons rompus sur un sujet qui m'intéresse. J'ai du mal à me représenter quelqu'un tombant amoureux juste d'un visage, et quand on me parle sentiments alors qu'on me connait à peine, j'ai du mal à croire à la sincérité de la personne.
De la même manière, je ne pourrais pas tomber amoureuse de quelqu'un rencontré sur un site de rencontre, ou au cours d'un rendez-vous amoureux organisé par des tiers. J'ai du mal à croire à une rencontre organisée DANS LE BUT de faire naître une histoire d'amour. Même si la personne ressemble exactement la personne que j'ai toujours cherché, je ne pourrais pas tomber amoureuse dans des circonstances pareilles. Comment pourrais-je savoir que cette personne est réellement tombée amoureuse de moi, qu'elle ne s'est pas juste convaincue qu'elle était amoureuse de moi par méthode Coué ? Comment pourrais-je savoir que je suis réellement tombée amoureuse d'elle, que ce n'est pas juste un rôle dans lequel je me suis laissée entrainer ?

Admettons que j'ai une façon de fonctionner atypique. Ce qui m'étonne beaucoup, c'est qu'elle soit atypique, parce que ma position ne me semble pas si illogique que ça. En fait, il me semble qu’il y ait une raison très simple à la façon dont les choses se sont passées pour moi. Je ne cherchais pas à rencontrer quelqu’un. Ne cherchant pas à rencontrer quelqu’un, j’ai eu envers tous ceux que je croisais l’attitude qu’on a envers tout autre être humain, je me suis rapprochée de ceux avec qui j’avaient des affinités, suis restée à distance de ceux qui n’avaient pas grand-chose à partager avec moi, et de fil en aiguille, le reste s’est fait tout seul.
Les relations amoureuses sont des relations humaines comme les autres. Elles sont sensées naître et se développer de la même manière que n'importe quelle autre relation humaine. Je pensais que ça tombait sous le sens, mais aujourd'hui, je suis impressionnée par le nombre de gens qui semblent considérer le couple surtout comme un achievement à débloquer pour avoir un bon score au jeu de la vie.

En même temps, il se trouve que faire un bon score est particulièrement impératif, dans notre société. Personne ne croit à la malchance. Dans l’idée populaire, quelqu’un de constante bonne volonté qui ne fait jamais d’erreur réussira forcément à réaliser tous ses rêves, tous, même s’il s’agit d’un paraplégique qui rêve d’escalader le mont blanc en solitaire et sans matériel. Les gens qui, comme moi, n’ont pas la chance d’avoir les capacités nécessaires, ou de voir les circonstances idéales rassemblées, pour que leur rêve se réalise, se voient expliquer qu’ils sont les seuls et uniques responsables de leur échec, que leur échec est la preuve de leur mauvaise volonté et de leur manque d’intelligence. Bref, dans notre société, quelqu’un qui rate, c’est quelqu’un qui ne vaut rien. Pour prouver qu’on vaut quelque chose, il faut réussir quelque chose, et la meilleure des preuves qu’on vaut quelque chose, c’est de s’afficher avec quelqu’un à son bras. Ça marche. Et l’effet inverse marche aussi : j’ai vu des gens se moquer de célibataires parce qu’ils sont célibataires.

Il faut être en couple, peu importe comment, peu importe avec qui, du moment qu'on a le point. L'autre n'est pas un partenaire avec qui on va construire son projet, c'est un élément du projet, un accessoire, et du moment qu'il remplit son rôle correctement, il peut bien faire ce qu'il veut et penser ce qu'il veut de son côté, chacun sa partie, et dans la nôtre, il n'est qu'un PNJ. Et non, ce n'est pas une attitude exclusivement masculine : j'ai rencontré des filles qui pensaient comme ça, elles ont leurs copines d'un côté, leur chéri de l'autre, et l'idée d'être copine avec leur chéri ne leur vient pas.
Vous allez me dire, et vous aurez raison, que si tout le monde à part moi est heureux comme ça, de quel droit est-ce que je m'insurge contre cette façon de penser ? Le souci, c'est d’une part, que du coup je me fais draguer dans la rue par des inconnus et que ca me gonfle, et d’autre part que je ne suis pas convaincue que tout le monde à part moi soit heureux comme ça. Je ne suis pas totalement sûre que ça satisfait les gens, d'être un joueur solitaire toute leur vie durant. Moi, en tout cas, la solitude je ne la supporte pas. Je préfère les parties en co-op. Je ne peux pas m'empêcher d'être sûre qu'au fond, les gens seraient plus heureux s'ils raisonnaient comme moi, s'ils pensaient que le couple, ce n'est pas un achievement, c'est un mode 2 joueurs qu'il faut faire durer le plus longtemps possible. Dans l'idéal, la quête n'est jamais accomplie parce qu'elle ne se termine jamais. Il ne s’agit pas de prouver sa valeur en déverrouillant le succès « petit copain » pour ensuite ranger la récompense dans son inventaire et l’oublier. Il s’agit de collaborer avec un deuxième joueur pour faire une partie qui en vaut la peine.
Dans ces circonstances, vous comprendrez qu'il me paraisse incongru de me faire draguer par un inconnu dans la rue, par un technicien orange ou, comme ça m'est déjà arrivé, par l'ambulancier qui a conduit ma grand-mère aux urgences. En échange, je ne m'offusquerai pas qu'on me demande pourquoi j'estime que ce n'est pas flatteur. Je suis prête à l'expliquer, dix fois, vingt fois s'il le faut, et le plus beau, c'est que je peux le faire sans prononcer une seule fois les mots #harcelement, #maletears, #cultureduviol, #patriarcat et #sexismeordinaire. Parce que vous en avez marre des fausses problématiques qui empêchent de réfléchir aux vraies questions, et moi aussi. Donc, laissons tomber les hashtags à la con, et discutons, c'est possible. Je ne vous accuserai pas d'être misogyne, vous ne m'accuserez pas d'être coincée. Je vous dirai que je trouve votre vision des relations amoureuses très insatisfaisante, et vous me répondrez que ce n’est quand même pas la peine de m'en vexer.
Il y a un an ou deux, quand j'ai commencé à m'exprimer contre les dérives du féminisme, je me sentais très seule. Aujourd'hui, je ne suis plus en position de minorité. Tout le monde en a ras-le-bol du féminisme, ou en tout cas de cette version du féminisme, et ce ras-le-bol vaut aux Buffy Mars de finir sous des torrents d’insultes même quand leurs actions ont été légitimes. Mais ce ras-le-bol ne doit pas nous faire perdre notre bon sens. Ne nous mettons à revendiquer le droit de sortir ensemble juste pour le physique. Parce que, ok, ce n’est pas un crime, mais on ne gagne rien à obtenir satisfaction.
Et pour ceux qui pensent que Buffy Mars n’aurait pas réagi comme ça si le technicien avait été sexy, je vous parie qu’il l’était. Mon ambulancier, en tout cas, était très beau gosse. Ca ne m’a pas empêchée de le trouver ridicule.

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Published by tchoucky - dans Foutoir d'écriture
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commentaires

Marie 07/02/2017 07:54

Ca fait tellement de bien de te lire! Ce que j'aime dans tes articles, c'est qu'ils respirent le bon sens. Bon ça, et le fait que moi aussi j'en ai marre de me faire siffler par 15 abrutis quand je traverse la rue, et que tu as expliqué magistralement pourquoi les filles comme nous en ont marre. J'ajouterai juste que personnellement, ça me aussi donne l'impression de n'être qu'un morceau de viande aux yeux de ces types.
Mais ce que tu as écrit au sujet des relations de couples, c'est à la fois surprenant, et évident. Surprenant parce que au vu du début, je m'attendais surtout à lire ton avis sur le harcèlement et ses formes. Mais en fait, je me rend compte que tu traité non pas le symptôme, mais le problème. Ce que peu de gens font, en fin de compte: on sait parler du harcèlement, mais on ne sait pas dire pourquoi il est là. Et quand tu le dis, c'est tellement évident que tout part des relations amoureuses... Mais c'est tellement rare de l'entendre (enfin, de le lire). Merci à toi pour cet article qui fait du bien.

tchoucky 12/02/2017 10:20

Je n'ai pas parlé du sentiment d'être prise pour un morceau de viande, du moins pas en ces termes, parce que j'ai eu l'occasion de constater que ceux à qui la drague de rue ne semble pas dérangeante ne comprennent pas vraiment cette expression. Du moins, c'est ce qui est ressorti de mon débat (mine de rien très instructif) sur Facebook avec cette fille qui défendait le droit des gens de draguer dans la rue à condition qu'ils soient sincères et qu'ils aient réellement eu le coup de foudre. Pour cette fille, son apparence physique était un aspect comme un autre de son identité, et c'est sûr qu'elle n'avait pas l'intention de se contenter d'une attirance physique et qu'elle estimait qu'il fallait que le hasard fasse rudement bien les choses et qu'à l'attirance physique s'ajoutent des affinités de personnalité pour que ça marche. Mais être abordée parce qu'elle était jolie ne lui semblait pas plus absurde que d'être abordée pour sa passion pour le Jokari ou un autre élément quelconque de sa personnalité qui ne suffirait pas à la définir, mais ferait partie d'elle quand même. Je ne suis pas parvenue à lui faire comprendre que même être abordée pour ma passion pour le Jokari me paraîtrait peu flatteur. Qu'en fait, je n'avais pas envie d'être "abordée". Que de mon point de vue, il faut attendre de bien connaître les gens et de les fréquenter depuis un moment avant d'avoir des arrières-pensées à leur sujet. Pour cet article-ci, j'ai préféré employer des expressions plus compréhensibles même pour des gens, car visiblement il y en a, qui estiment que leur physique fait partie de leur identité au même titre que tout le reste et qu'il n'est pas plus dénigrant d'attirer l'attention pour ça que pour le reste.

Antarès 27/01/2017 04:54

Bien d'accord avec cette article. Il est vrai qu'on oublie rapidement que ce mettre en couple n'est pas un accomplissement ou une finalité, mais bien le commencement de tout autre chose. Je suis tout comme toi Tchoucky parfois bien choqué par les réactions de ceux que je côtoie.

Un exemple tout récent. J'ai rencontré, lors d'une soirée du groupe français d'une organisation international, une charmante demoiselle. Le but de la soirée était la projection d'un film français très connu (le diner de con). Il n'était donc pas prévu à l'origine que je cherche une potentiel compagne/petit amie, le plan drague aurait vraiment été minable. Pourtant, quand j'ai ouvert la porte et que je l'ai vu je l'ai trouvé magnifique, c'est d'ailleurs le seul et unique mot qui m'est venu à l'esprit. Mais pourtant, je ne me suis pas emballé, je l'ai invité à entrer, fait sa connaissance en même temps que les autres invité à la soirée. Je me suis dit en moi même que certes elle était belle mais que ça ne suffisait pas pour tomber amoureux. Durant cette soirée et les autres organisées par le groupe et l'organisation, j'ai pu la recroiser, j'ai appris à la connaitre, et petit à petit je suis tombé amoureux, non pas seulement de son physique, mais bien d'elle en entier. Je suis devenu petit à petit son ami.

dernièrement, à ma grande stupeur, j'ai appris qu'il y avait entre nous une grande différence d'âge, ce qui m'a stupéfié et qui m'a fait m'interrogé. Devais-je laissé tomber pour autant ? Beaucoup de mes amis m'ont dit que oui. Je m'étais décidé à suivre ce conseil... Mais il a suffit que je la revois pour comprendre qu'une partie de ce que j'aime chez elle est liée à ce qu'elle est, à ses expériences passées. Bref que je l'aime pour ce qu'elle est entièrement, et donc pour son âge aussi.

Malheureusement, lors d'une soirée je l'ai vu consulté son portable et avoir juste après un sourire qui voulait tout dire... de ces sourires que l'on rêve que celle qu'on aime ait en lisant un de nos message... En se maudisant justement qu'elle ne l'ai pas à notre attention...

Et pour en revenir au sujet de cet article, j'ai été stupéfait par le nombre de mes amis (majoritairement des femmes) qui m'ont dit "passe à autre chose" "va rencontré d'autres filles" "ce n'est rien", "dans un mois tu l'auras oublié"... Autant on pourrait croire qu'elles me disent ça pour me remonter le moral, mais en fait non. Pour la plupart ce n'est qu'un incident de parcours et je dois tout de suite me remettre en chasse. On est vraiment dans la société de consommation. Il n'y a plus de place pour les grands romantiques on croirait. Alors que moi, je pense plutôt, tout comme le disait Ted Mosby dans HIMYM, "que si je pouvais juste écouter l'avis de tout le monde, aller de l'avant et me trouver quelqu'un d'autre, alors ce ne serait pas de l'amour mais seulement quelque chose que je serai capable d'oublier. Mais à ce n'est pas le cas."

Le partenaire idéal n'est pas qu'un beau visage. Il est lui-même, avec ses qualités, ses défauts aussi, et on ne l'aime pas malgré ça, mais bien au contraire à cause de ça... Et tout comme tu l'as si bien dit Tchoucky, moi aussi je souhaite plus que tout pouvoir jouer en coop...

Avec toute mon affection

Ton ami de l'autre côté de l'océan

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