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6 avril 2019 6 06 /04 /avril /2019 15:55

Ce ne sera pas une critique objective, juste un règlement de comptes personnel. C’est pas bien, mais quitte à perdre tout mon calme, mieux vaut le faire sur ce blog plutôt que dans une conversation sur le film avec les gens qui l’ont aimé.

La bande annonce nous promettait une comédie lourdingue et chiante. Elle ne mentait pas, mais elle ne disait pas tout. Elle ne disait pas qu’en plus l’histoire de fond serait incroyablement glauque.

Bon, avant qu’on m’en fasse la remarque, je reconnais, je n’aurais franchement pas du aller voir le film. Comme j’ai dit, la bande annonce ne mentait pas, et je savais que le film vendu par la bande annonce ne me plairait pas. Mais de nos jours, les bandes annonces, c’est si mauvais que je n’ai pas pu m’empêcher d’espérer que le film soit très mal vendu, qu’il soit en réalité très différent de ce que la bande annonce promettait. Je voulais tellement voir un film sur Captain Marvel, ce héros enfant qui se voit confier le pouvoir de se transformer en l’équivalent de Superman et s’en sert pour devenir un symbole de positivité encore plus grand que l’est Superman puisque, étant enfant, il n’est pas encore corrompu par les soucis de l’âge adulte. Je m’accrochais à l’idée que ce que vendait la bande annonce était si ridicule, si désespérément dépourvu de la moindre trace d’humour pertinent, que ce n’était pas possible qu’elle dise la vérité. Eh bien, pour paraphraser Han Solo dans Le réveil de la Force (que je n’ai pas vu, parce que d’habitude, je ne vais pas voir les films dont je sais qu’ils vont me déplaire) “Tout est vrai. Absolument tout”.

Je n’avais pas l’intention de faire un article. Taper gratuitement sur un film qu’on s’est infligé alors même qu’on savait qu’on ne l’aimerait pas, ça ne se fait pas. Mais la façon dont ce film m’a dérangée était malgré tout inattendue, et je ressens le besoin de m’en justifier, une bonne fois pour toutes, histoire d’en être débarrassée et de ne plus avoir à en parler. C’est juste un film, c’est pas plus grave que ça, et puis, mettre ses spectateurs mal à l’aise, y a des très bons films qui le font, mais là, je ne pense pas que mon malaise ait été provoqué volontairement. Je crois que ce qui est dérangeant a été mis là parce que les scénaristes n’ont pas réfléchi aux tenants et aux aboutissants des trucs qu’ils mettaient en se croyant originaux et intelligents.

Je n’étais pas au courant que la période “New 52” des comics avait considérablement assombri le personnage de Captain Marvel, en plus de le renommer Shazam. Mais d’après ce que j’ai lu, même dans les comics, l’origin story de Captain Marvel n’est pas aussi glauque qu’elle se retrouve à l’être dans le film.

L’histoire commence avec le petit Thaddeus Sivana, 8 ans, qui, alors qu’il subit les violences verbales quotidiennes de son père et son grand frère, vit ce qui peut arriver de pire à un enfant maltraité par sa famille. Une entité cosmique le convoque dans un espace interdimensionnel (Bon, j’ai lu les comics, c’est pas un espace interdimensionnel, mais ça semble l’être dans le film), lui fait passer un test qui consiste, en gros, à deviner qui lui ment, entre le vieillard à la tête hallucinée et la voix qui parle dans sa tête - je reviendrai sur ce test - et, quand il échoue parce qu’il n’a que 8 ans et qu’on ne lui a même pas laissé le temps de réfléchir, lui déclare “tu sais quoi ? Tout ce que ton père et ton frère disent de toi, que tu es nul, que tu es naze, que tu ne vaux rien ? Eh bien, tout est vrai, absolument tout”.
C’est déjà assez horrible en soi (imaginez qu’on renvoie Harry Potter chez lui en lui apprenant qu’il est un cracmol et vous n’aurez même pas une vague idée de ce que ça doit être pour Thaddeus). Mais ce que je n’ai pas dit, c’est que l’entité cosmique en question se livre à cette opération alors que le petit Thaddeus était à l’arrière d’une voiture conduite par son père, et qu’il l’y retéléporte alors que la voiture est toujours encore en train de rouler. Comme quiconque confronté à cette expérience le ferait, surtout à 8 ans, Thaddeus se met à hurler, ce qui BIEN ÉVIDEMENT déstabilise son père en train de conduire et BIEN ÉVIDEMMENT provoque un accident de voiture qui prive son père de l’usage de ses jambes. Le père en question et le frère ainé étant les gros connards qu’ils sont n’oublient pas d’insister là-dessus pour que le petit Thaddeus garde bien en tête qu’il est coupable de ça - ce qui serait sans doute beaucoup moins horrible à entendre si ce n’était pas effectivement vrai, et que c’est l’ultime preuve qu’il est indigne de la moindre estime de la part de qui que ce soit dans ce monde et dans tous les autres.

Nous laissons le petit Thaddeus sur cet horrible état des choses, et nous téléportons une quarantaine d’années plus tard à Philadelphie. Oui, Philadelphie, pas Fawcett City, merci aux comics New 52 d’avoir introduit ces éléments plus réalistes dans l’univers DC, sûrement pas pour imiter une compagnie rivale très connue (les remerciements sont ironiques). Nous rencontrons Billy Batson, odieux petit connard fini. Histoire d’être sûr qu’on ne sera pas pris de compassion quand on apprendra qu’il est un enfant trouvé à la recherche de ses parents, le film prend bien la peine de nous montrer combien ce sale gosse est méprisable, ne se contentant pas de piéger des policiers pour pouvoir consulter leur base de données, mais prenant bien le temps de se moquer grossièrement d’eux avec des rires de sale gosse. Ceci étant posé, comment notre insupportable Billy Batson s’est-il retrouvé sans parent ? Vous êtes prêts ? Vous trouviez l’histoire de Thaddeus sinistre ? Accrochez-vous bien, vous n’avez encore rien vu.

Billy Batson a perdu sa mère parce qu’il l’aimait. Oui, vous avez bien lu. Le petit Billy, trois ans, était à la fête foraine avec sa mère et voulait un tigre en peluche du stand de fléchettes (c’est une référence aux comics). Comme sa mère ne réussit à gagner qu’une boussole, il fait un caprice, comme tous les enfants de 3 ans dans cette situation. Sa mère lui sort un speech sur la valeur de cette boussole, et comme le petit Billy aime beaucoup sa mère, il fait ce qu’aucun enfant de 3 ans ne fait jamais, il cesse son caprice, et se réjouit du cadeau. Et quand, quelques secondes plus tard, il le laisse tomber par terre, il lâche la main de sa mère pour aller le ramasser, parce qu’il est trop précieux, c’est un cadeau de sa mère, et se retrouve définitivement seul au monde.

MAIS BORDEL ! « Les gens qui te disent que tu es nul ont raison » ! « Si tu te réjouis d’un cadeau, tu seras puni pour ça » ! « L’amour est un sentiment qui fera ton malheur » ! C’est bon, là, qu’est-ce que ce film va encore bien pouvoir me raconter pour me donner envie de me jeter d’un pont ?

Eh bien, figurez-vous que le petit Thaddeus a grandi. Rien que pour ne pas s’être suicidé après son expérience horrible à 8 ans, il a déjà tout mon respect. Maintenant, il travaille à trouver toute information nécessaire pour retourner dans la dimension cosmique où il a été enlevé à 8 ans, et punir l’entité cosmique qui lui a joué ce sale tour comme elle me mérite. Et comme Thaddeus est persévérant, il finit effectivement par y arriver. Au fait, ça tue son assistante qui ne demandait rien, et faisait juste son job. C’est bon, vous êtes toujours là ? Éloignez-vous de cette corde, ce n’est pas fini.

Au passage, non, la mort de l’assistante ne sert pas à installer Thaddeus comme un méchant très méchant. Ce n’est pas lui qui la tue. Ce qui la tue, c’est... Je ne sais pas. Le réalisateur s’est juste dit “Tiens, mettre une femme qui tombe en poussière à cet endroit-là, ce serait trop cool”. Si j’étais de bonne volonté, je chercherais une justification scénaristique et j’en trouverais une, mais même avec une justification scénaristique, ça restera un détail glauque sans intérêt, introduit là juste pour l’esbroufe, et qui enlève au film plus d’intérêt qu’il n’en ajoute.

Bref, je vous parle d’entité cosmique depuis tout à l’heure, il serait peut-être temps d’être plus précise. Cette entité dont je parle, c’est un vieux magicien, dernier survivant d’une fratrie de sept, dont la mission est d’empêcher les incarnations des sept péchés capitaux de déferler sur le monde. Malheureusement, par le passé, ces sept magiciens se sont choisi un champion, mais celui-ci est passé du côté obscur et les a tous massacrés sauf un, le nôtre. Depuis, le survivant s’épuise à remplir sa mission tout seul, mais comme il est mourant, il doit impérativement choisir un champion, et le choisir bien, cette fois, donc il fait passer à tous les candidats une épreuve à la con qui consiste à entendre les voix des sept péchés capitaux dans leur tête, et sans contexte, deviner que ce qu’ils racontent est un mensonge et faire plutôt confiance au vieillard zarb qui dit à peu près les mêmes choses qu’eux sauf que lui c’est le gentil. Jusqu’à présent, tout le monde l’a ratée (tu m’étonnes).

Le petit Thaddeus, qui est donc devenu grand, et super vénèr, et comme on le comprend, s’empresse donc de débouler dans le repaire du magicien, et lui fait la remarque que quitte à recaler les candidats, il pourrait éviter d’enfoncer le clou en les humiliant parce qu’ils ont raté, et que le résultat, c’est que les candidats refoulés deviennent des supervilains. Et il délivre les sept péchés capitaux. En connaissance de cause, cette fois. Et comme on le comprend.

Et investi de nouveaux pouvoirs maintenant qu’il est le champion des sept, il va tuer son père et son frère parce que de toute façon, il les convaincra jamais d’avoir de l’estime pour lui, ni qu’il aurait pu devenir quelqu’un digne d’estime si on ne lui avait pas coupé les ailes dès sont plus jeune âge.

Eloignez-vous de cette bouteille de poison, ce n’est toujours pas fini.

Billy Batson, pendant ce temps, arrive dans une nouvelle famille d’accueil, avec qui il n’a pas l’intention de sympathiser et qui de toute façon lui paraît trop chelou pour être sympathique. Un de ses nouveaux frères adoptifs, Freddy Freeman, se fait agresser par des bullies. Billy étant ce qu’il est, c’est-à-dire un connard, passe son chemin sans s’en soucier. Mais voilà que l’un des bullies se moque de Freddy parce qu’il n’a pas de parents. Ca, Billy le prend un peu plus personnellement, et se retourne, ramasse la béquille de Freddy - qui est handicapé - et s’en sert pour frapper les agresseurs. Puis il réalise que du coup, lesdits agresseurs se retournent contre lui et s’enfuit sans demander son reste. Alors qu’il s’enfuit, il est téléporté dans l’antre du magicien. Le rapport de cause à effet entre le fait qu’il soit intervenu dans la bagarre et le fait qu’il soit téléporté n’est jamais confirmé, mais bon, ce film me donnera bien assez de choses à lui reprocher d’ici la fin, donc partons du principe qu’il y a bien un rapport de cause à effet.

Alors voilà, d’après ce que j’ai lu, dans les comics New 52, la scène se déroule comme suit : le magicien sonde Billy, et trouve qu’il y a du mal en lui, mais Billy fait un speech comme quoi les êtres totalement purs, ça n’existe pas, du coup le magicien resonde, mais en regardant cette fois si le bien l’emporte sur le mal en Billy, et ceci vérifié, décide de lui donner le job. J’aime pas. Je préfère l’idée que Billy soit choisi parce qu’il a réussi à rester bon malgré le fait d’avoir une vie de merde, comme dans le comic d’origine, mais ok. Ce n’est de toute façon pas ce qui se passe ici.

Billy est face au magicien, qui lui explique :
« Écoute, je cherchais un champion au cœur pur mais j’en ai pas trouvé, alors je vais me contenter de toi.

_ Vous rigolez, répond Billy, vous avez pas lu le scénario ? Vous avez pas regardé les scènes précédentes ? Moi je suis un connard.

_ Je sais, mais là, je vais crever, donc je suis obligé de donner mes pouvoirs au premier venu, quel qu’il soit ».

Billy se retrouve donc avec les pouvoirs qui ont été refusés à Thaddeus, juste parce qu’il était là. Et il n’a pas à passer d’épreuve, vu que Thaddeus est parti avec l’épreuve. Eloignez-vous de ce briquet et de ce bidon d’essence, on en est seulement à la moitié.

Avant de passer à la suite, petit rappel sur lesdits pouvoirs. Vous connaissez le laïus : la sagesse de Salomon, la force d’Hercule, l’endurance d’Atlas, la puissance de Zeus, le courage d’Achille et la vitesse de Mercure. La vitesse de Mercure, pas besoin de vous faire un dessin. Le courage d’Achille, ça fait qu’il résiste à la manipulation mentale, ça ne servira que dans le deuxième film si deuxième film il y a. La puissance de Zeus lui permet d’envoyer des éclairs. L’endurance d’Atlas lui confère l’invulnérabilité. La force d’Hercule, c’est transparent comme notion, pas besoin de vous expliquer. La sagesse de Salomon… Normalement, ça lui permet de distinguer instantanément le bien du mal. Mais oubliez-la. Elle avait piscine ce jour-là (bon, soyons juste, ça arrive souvent dans les comics, mais je n’ai pas dit que les scénaristes de comics étaient toujours plus intelligents que les scénaristes de films).

Commence la partie vendue par la bande annonce, Billy et Freddy profitant des super pouvoirs de Billy pour avoir la belle vie. Et c’est comme le promettait la bande annonce. Lourd, pas drôle, et long. Très long. Non, encore plus long que ça. Et vous croyez que pendant ce temps, il y aurait un semblant d’amitié qui se développerait entre Billy et Freddy ? Bien sûr que non, vu que les sentiments, ça n’intéressait pas le réalisateur ; ce qui l’intéresse, c’est les gags pas drôles. Et pour le gag pas drôle, il faut que Freddy soit un connard du même calibre que Billy. Il se prétend fan de super-héros, mais en vrai il est seulement fan de super-pouvoirs. Il apprend donc à Billy à se servir de ses pouvoirs non pas pour aider les gens, mais pour faire une chaine Youtube et gagner de l’argent sur l’image du super héros qu’on appelait Captain Marvel, en profiter pour sécher les cours, se faire servir gratuitement par les commerçants, aller voir du strip tease (véridique), voler de l’argent dans les distributeurs de monnaie… Il ne s’attache pas à Billy, il y voit plutôt un filon à exploiter. Et Billy, qui était déjà pas très sociable avant ça, n’apprécie pas de se faire exploiter - comme on le comprend - et finit par partir profiter de sa belle vie de son côté et laisse tomber Freddy comme il le mérite. Freddy a alors l’hypocrisie de faire le speech sur ce qu’est la mesure d’un vrai héros, alors que ça ne le dérangeait pas que Billy s’en branle d’être héroïque ou pas tant que lui, Freddy, avait une part du gâteau. Bref, Freddy n’aime pas Billy, Billy n’aime pas Freddy, ils ont juste braqué des distributeurs ensemble, mais ça n’a pas créé de lien. Du coup, quand plus tard dans le film, quand Billy retrouvera sa vraie mère et que celle-ci lui dira (de manière extraordinairement désinvolte, parce que les sentiments, ça n’intéressait pas le réalisateur ; ce qui l’intéresse, c’est les gags pas drôles) « Au fait, j’ai fait exprès t’abandonner », Billy ne reviendra pas vers Freddy et ses autres frères et sœurs parce qu’il y a quelque chose qui s’est développé entre eux, mais parce que, à l’instar du magicien, il n’a plus le choix alors autant se contenter des premiers venus. Eloignez-vous de ce sommet d’une falaise, on est bientôt à la fin, promis.

Donc, après avoir été aussi glauque dans ses débuts, le film n’a même pas la décence de nous montrer que des fleurs poussent sur la fange, que même dans les pires situations, tu finis par trouver de l’amour et en éprouver. Pourtant, les occasions ne manquent pas. Vers la fin du film, alors que Thaddeus affronte Billy, les frères et sœurs adoptifs de Billy font preuve d’héroïsme, d’intelligence et  d’initiative. Ca ne couterait que deux trois plans sur le visage de Billy, deux trois répliques pour montrer qu’il est impressionné, touché, admiratif, bref, qu’il trouve que ces enfants méritent d’être sa famille finalement, mais ça n’intéressait pas le réalisateur ; ce qui l’intéresse, c’est les gags pas drôles.

La meilleure des preuves de ce désintérêt, c’est qu’à la fin, Billy finit par la passer, l’épreuve à la con. Et il la remporte (forcément, il a eu tout un film pour réfléchir à la bonne réponse, lui). Et vous savez ce que fait le film de cette scène ? UN GAG PAS DROLE !

L’action ne relève même pas le niveau. Au même titre que les gags, c’est chiant et long. Long. Encore plus long que ça.

J’ai déjà fait sur ce blog un laïus sur ce qui fait la différence entre DC et Marvel. Pour ceux qui ont la flemme de retourner lire, bref rappel : les personnages DC sont des concepts représentatifs d’une grande idée philosophique générale, et les personnages Marvel sont de vrais personnages en proie à leurs soucis personnels qui sauvent peut-être des gens à leurs heures perdues, mais l’histoire est surtout centrée sur leur parcours psychologique. Oublions un instant combien l’aspect parcours psychologique est bâclé au profit des gags pas drôles dans le film. Est-ce que c’était vraiment la peine de priver le personnage de son nom si c’était pour faire du film sur lui le plus Marvel de tous les films DC ?

Et franchement, tu as un problème quand Mortal Kombat VS DC Universe a mieux compris que toi le personnage sur lequel tu es en train de faire un film.

Rien à ajouter. J’ai couché ma colère sur papier, faites-en ce que vous voulez. Moi, je vais relire « Le Pouvoir de l’espoir » d’Alex Ross et Paul Dini pour me consoler, et oublier ce film fissa.

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commentaires

M
Je savais déjà que je n'irais pas le voir, à cause, hé bien... De la bande annonce.<br /> Je le regarderai peut-être pour me faire un avis, mais je pense que le tien développe très bien ce que je vais en penser. <br /> Donc: merci pour ta critique, même si elle n'est pas objective. Merci de l'avoir écrite et de l'avoir partagée.
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G
Je comprends bien cette frustration, quand j'ai vu le film, il m'avait laissé effectivement assez perplexe sur certains points, mais là je crois bien que tu as été on ne peut plus complète à ce sujet (quoique, tu as oublié tous ceux qui étaient dans la salle de réunion du père de Thaddeus qui sont eux aussi morts parce qu'au mauvais endroit au mauvais moment, mais on n'est plus à ça près x) ).<br /> L'affiche qui m'avait interpellé dans le métro (et qui montrait le protagoniste en super-héros sur son smartphone en train de mâcher du chewing-gum) me laissait plutôt suggérer un film parodique ou auto-parodique sur un super-héros qui brise les codes et le sérieux, un peu façon Deadpool (mais en plus léger bien sûr)... mais finalement, c'était surtout pour souligner le côté gamin.<br /> D'ailleurs, présenté tel quel, c'est vrai que le pitch était assez mal amené. La backstory d'où sortent les pouvoirs n'est pas exploitée (même si en 2h30 de film ça aurait été difficile à caser) et paraît du coup sortie du chapeau magique, histoire de dire "Faut déterminer un camp du bien et un camp du mal" et de justifier que les personnages ont plein de pouvoirs sortis de nulle part (à ce niveau, je préfère Docteur Strange, qui assume mieux l'aspect bizarroïde de ses pouvoirs), les personnages sont campés rapidement mais la sympathie ou l'antipathie qu'on doit éprouver pour eux est bâclée là encore, la scène de combat final est trop longue et faisait intervenir un deus ex machina inutile avec les frères et soeurs adoptifs qui se transforment eux aussi...<br /> Bref, en effet c'est dommage d'avoir déployé autant d'efforts dans ce film pour finalement en faire quelque chose d'aussi bancal et qu'il faut regarder sans trop réfléchir. Comme disait un ami avec qui j'étais allé le voir, le film a un côté clairement gamin, avec ses gags, sa volonté de mettre en avant des personnages pré-ados auxquels des enfants pourraient s'identifier, et une morale sur la famille recomposée amenée sur un plateau... pourtant, pour un gamin, comme tu dis, il y a pas mal de points traumatisants, et pas seulement ceux qui le sont quand on réfléchit deux secondes (on voit clairement des personnages crever gratuitement). Du coup, j'ai un peu de mal à cerner quel était le public cible du film, personnellement.<br /> <br /> J'ai quand même été amusé par le fait que le rôle-titre soit tenu par Zacharie Lévy, alias Chuck Bartowski, qui était le héros d'une série dans laquelle il avait un rôle assez similaire : celui du gars à qui tout arrive, sans qu'on lui demande son avis, et qui doit s'accoutumer à sa nouvelle vie. Mais clairement, il était mieux amené dans Chuck, qui vaut plus le coup à regarder.
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