L'araignée, l'araignée
Bon, déjà, il faut savoir que j’y allais en n’en attendant pas grand chose. Connaissant le nombre de super-vilains prévus au casting, et le design effroyable que ceux-ci paraissaient avoir sur l’affiche, je m’attendais à un embrouillarbi d’événements pas crédibles une seconde dans une tentative désespérée de caser tous les personnages, qui de fait, en deviennent sous-exploités.
Par conséquent, j’ai été agréablement surprise. Le film n’a pas les défauts que je m’attendais qu’il ait. Il en a, certes, mais il reste tout de même bien meilleur que je l’avais escompté.
Chaque personnage, héros comme vilain, est assez bien exploité. On pourra déplorer que le bouffon vert ne devienne le bouffon vert que le temps d’une ultime scène dramatique à la fin, mais c’était nécessaire. Sa backstory a été mise en place, elle constitue un enjeu dramatique important dans tout le film, le personnage jouit d’un temps relativement important à l’écran même s’il attend les dernières minutes du film pour endosser le costume, et son apparition est d’autant plus traumatisante qu’elle est brève.
Le nombre de super-vilains dans le film est correctement géré. L’intrigue tourne autour d’Electro, les autres faisant de brèves apparitions, qui ne minimisent pas leur puissance ni leur importance dans ce monde, mais qui servent avant tout à installer l’univers de Spider-man comme étant un univers où ces choses là arrivent. On ne se sent pas frustré de ne pas les voir plus, puisqu’il est établi qu’aujourd’hui, c’est l’histoire d’Electro qu’on nous raconte, et que les autres, on s’y attardera dans les prochains films.
Bon, il y a une mise en scène suremphatique autour des aspects les plus dramatiques de l’intrigue, qui n’aurait pas été moins percutante si, au lieu de passer dix minutes sur un plan de Gwen en train de tomber, on en avait passé deux. Le film dure 2h30, et dans ces 2h30, il y a plein de minutes qui ne sont pas nécessaires. Dans la même lignée, côté scénario, il y a des trucs pas très utiles dont on aurait pu se passer. Je sais que le manuel du parfait réalisateur dit qu’il faut une scène où des gens jettent leur papier en l’air et applaudissent, mais non, le coup des deux avions qui risquent de se percuter si on ne rétablit pas très vite l’électricité de New York, c’était pas utile. D’autres scènes montrent les habitants de New York en train de survivre sans lumière, l’enjeu de la privation d’électricité était posée, et les deux avions, on sait qu’ils vont être sauvés à la dernière minute, il n’y a pas de suspense.
Ceci dit, à part ça, je trouve l’histoire correcte, correctement racontée. Il n’y a pas un seul élément qui ait été sous-traité, et pourtant on en aborde, des sujets, dans cette histoire.
Evidemment, ça continue à m’agacer, que les scénaristes ne savent jamais quoi faire d’un couple déjà établi depuis le film précédent à part l’enfermer dans une relation on/off intempestive, mais par bonheur, les dialogues sont si excellents que la pilule passe.
Car les dialogues sont bons, l’humour est bon, exactement comme on peut l’attendre d’un Spider-man. Spider-man, c’est le gars qui sauve des vies tout en tchattant avec les passants et en débitant quinze blagues à la minute. De ce point de vue-là, on n’est pas frustré. On va voir ce film pour voir Spider-man, et on a Spider-man : on a les blagues, on a les cascades, on a Spider-man qui, s’emparant d’une lance à incendie pour neutraliser électro, en profite pour piquer le casque d’un des pompiers juste pour faire le mariole et détendre l’atmosphère
Bon, je n’oublierai pas qu’Andrew Garfield ressemble un peu trop à mon goût à Michael Youn, et que du coup, j’ai du mal à lui trouver une tête sympathique, mais c’est quand même un Spider-man à 200% Spider-man. Pensez, il se souvient de TOUS les habitants qu’il a sauvés, dans New York. Il suffit de lui dire « j’étais menacé par une voiture et tu m’as écarté de la trajectoire » et il se souvient IMMEDIATEMENT de l’anecdote. Alors que moi, je mets vingt minutes à me rappeler où j’ai déjà rencontré cette fille qui vient de me dire bonjour dans le couloir… Trop fort, le Spider-man. Soit dit en passant, ce Spider-man-là est sûrement le plus fort de toutes les adaptations. Il est capable de survivre à des chutes vertigineuses, et s’il est un peu distrait par la présence de Gwen, il ne réalise même pas qu’une voiture vient de le percuter et a perdu son pare brise dans l’aventure.
Les figurants, par contre, ils ne font franchement pas Marvel. Ils sont solidaires, courageux, reconnaissants. Jameson (qu’on ne voit pas et dont on entend que la voix) est le seul à détester Spider-man. Même Tante May pense qu’il est une bonne chose pour Métropo… New York. Qui nous a projetés dans l’univers DC, d’un seul coup ?
Si je ne devais citer que quelques scènes qui font que ce film vaut la peine d’être vu, on a tante May qui a aussi une double vie. Elle essaye de cacher à Peter qu’elle a repris ses études pour devenir aide soignante. D’où une scène hilarante sur qui va laver le linge, aucun des deux ne voulant que l’autre découvre sa tenue de travail dans la machine à laver.
On a le générique de Spider-man. Oui, on a le générique de Spider-man. C’est sa sonnerie de portable. Je ne déconne pas. Et en plus, il le sifflote en tatanant les méchants.
Et dernier argument qui devrait achever de vous convaincre : Peter Parker a cessé d’utiliser Bing. Il va sur Google, comme tout le monde, maintenant.
Donc dans l'ensemble, c'est peut-être pas un chef d'œuvre du septième art, mais c'est un film correct, qui ne fait rien de plus que ce qu’il a promis, mais rien de moins pour autant.