"The Hobbit" de Peter Jackson
Pour bien exprimer le miracle que représente "The Hobbit", il faut que je vous fasse le récit de ma relation malheureuse avec Tolkien.
Je n'ai pas du tout aimer lire "Le Seigneur des anneaux". Vers 15 ans, pour les beaux yeux de mon petit frère, j'ai
daigné m'infliger les 300 première pages d'un récit incipide sur un gars sans relief à qui on annonce que l'anneau qu'il porte va le bouffer et le faire passer du côté obscur, et qu'il faut qu'il
se rende, tout seul, à un volcan pour le jeter dedans. La nouvelle ne l'émeuvant pas plus que ça, il se lance dans un petit parcours touristique tranquillou avec une bande de copains sans aucun
reliefs comme lui, n'oublie pas de faire quelques escales chez un hommes des bois qui démontre que l'anneau n'est pas si dangereux que ça en le mettant à son doigt, et chez des elfes qui lui font
plein de discours... Le tout, bien sûr, fort mal raconté, avec un style ampoulé et maladroit... Mon amour fraternel ne m'a pas permi d'aller plus loin.
Des années plus tard, pour les beaux yeux de mon meilleur ami, j'ai repris la lecture, et découvert qu'après avoir
écouté les longs discours soporifiques des elfes, le gars dont on est sensé s'intéresser à l'histoire se voit asigner plusieurs gardes du corps dont on ne sait pas grand chose, l'un deux meurt,
tiens, c'est le magicien du début, dommage, j'aurais bien aimé le connaître un peu mieux, sans lui le bouquin aura l'air... exactement le même qu'avant, en fait, j'ai pas bien pigé pourquoi je
devrais être attachée à ce type. Ah, et un autre essaye de lui prendre l'anneau et se resaisit, puis meurt. Dommage, j'aurais bien aimé le connaître, il avait une belle mort, c'est dommage
d'avoir une belle mort avant d'avoir un peu existé dans le récit. Et puis il se passe quelques batailles qu'on nous raconte bien qu'elles se passent à des lieues et de lieue de l'endroit ou le
type se balade pour aller détruire son anneau. Ah, et puis après il y a des arbres qui font des discours. Le tout fort mal raconté avec un style ampoulé et maladroit. Mon amitié ne m'a pas permi
d'aller plus loin.
Le premier film ne m'a pas franchement réconciliée avec l'oeuvre. En même temps, difficile de raconter l'histoire d'une bande de gars insipide dans être insipide... C'est ce que je pensais,
jusqu'à ce que je vois "Les deux tours". Quoi ? Des personnages ? Un enjeu ? Des raisons d'avoir de l'empathie pour les protagoniste ? Des batailles dont on a vraiment besoin de savoir qui sera
le vainqueur ? Alleluïa ! Peter Jackson a sauvé le livre ! Dommage, le miracle n'a duré que le temps d'un film. Le retour du roi était aussi ennuyeux que la communauté de l'anneau : vraiment, il
n'y avait plus aucune raison de s'intéresser aux enjeux et aux personnages, ils étaient aussi insipide qu'auparavant. Mais tout de même, à cause du film du milieu, cette trilogie valait la peine
d'exister.
Après coup, à force de fréquenter des fans, je me suis vite rendue compte qu'en réalité, ce qui fait la valeur de Tolkien, ce n'est pas le seigneur des anneau, mais son univers étendu. Après
avoir lu quelques résumés d'anecdotes tirées du Silmarilion, je me sentais déjà plus intéressée par cet univrs, ce qui n'as fait qu'augmenter ma rancune vis à vis du seigneur des anneau d'être si
mal écrit, si inintéressant, et de ne pas avoir de personnage pour défendre cette univers.
J'ai lu Bilbo le Hobbit, comme beaucoup, à l'approche du film, pour avoir une idée de ce que c'était, avant de retourner voir comment Peter Jackson peut rajouter de l'action et des personnages
dans du Tolkien. Je l'ai trouvé mieux écrit que "Le seigneur des anneau" ce qui est étonnant quand on pense que ça a été écrit en premier, mais malheureusement pas très intéressant quand même. Il
s'agissait de l'histoire de nains à la recherche d'un trésor. Je n'ai trouvé aucune raison de m'y intéresser.
Donc, comme je le disais en début d'article, le film a été un miracle. Tout ce qui manquait au livre y est
désormais.
Non, il ne s'agit pas de récupérer un trésor. Il s'agit de mettre fin à une vie d'exil et d'errance en récupérant son pays, et en affrontant celui qui l'a conquis. Ca, je comprends. Ca j'adhère.
L'enjeu de la quête a gagné mon coeur.
Les personnages sont tout aussi maladroit et gaffeurs que dans le livre, mais ils le sont pour une bonne raison, quand le roi nain a appelé à la quête, seuls ceux-là ont répondu. Ils ne sont pas
guerrier, ils sont artisans, marchants, mais pas guerriers. Mais ils sont les seuls à être assez loyaux envers leur rois pour les suivre dans sa quête. Les gags autour de leur inadaptation ne
tombe plus à plat. On ne se demande pas pourquoi ils s'embarquent dans une quête pour laquelle ils sont incompétents. Ils s'y embarque parce que personne de plus compétent ne le fera à leur
place, et leur engagement est le plus bel acte de courage qu'on ai pu imaginer dans un film.
Et enfin, Bilbo. Il n'est pas le Hobbit un peu béta et maladroit, dont l'auteur croit hilarant de nous raconter l'immaturité et la trouillardise. Il est malin. Il est actif. Plus qu'il ne l'est
dans le livre. Il prend des décision, il ruse, il pose les bonnes questions. Il fait preuve de culture et de connaissance du monde. Il fait preuve de sagesse et d'empathie. Durant le jeu
d'énigme, il réfléchis réellement, et trouve réellement, pas juste parce que lui et Gollum se contente de se réciter des devinettes connues du monde des énigmes.
Quelques détails ajoutés ça et là, ça n'a tenu qu'à ça, et Peter Jackson a sauvé l'enjeu et les personnage. Il a fait le film comme aurait du être le livre du seigneur des anneau. D'une manière
qui permet d'en avoir quelque chose à faire, de ce qui se passe dans l'histoire.
Les acteurs ont été choisis judicieusement, les brises de vues sont superbe, la 3D n'enlève rien au plaisir du cinéma, pour une fois, et pour la musique, elle se passe de commentaire, allez
l'écouter (comme moi, je le fais, en boucle depuis dimanche).
Tout n'est pas parfait. J'ai des doléances.
Radagast qui prétends qu'il va attirer les Orc mais veille soigne soigneusement à les garder près de l'endroit par lequel les nains s'enfuient ? Sans blague ?
Thorin qui fait tuer l'un des orc qui ne les avait pas encore repéré histoire d'attirer l'attention sur l'endroit où ils se cache ? Non, mais !
Galadriel sur un plateau tourant ? WHAT THE FUCK ?
Et pourtant, moi qui était mal disposée, qui n'ait pas aimé l'histoire, qui n'ai pas aimé l'auteur, j'ai adoré ce
film, alors même que j'en ai relevé les défaut. Que dire de plus ? Un miracle, je vous dit ! Un miracle !